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Nigeria : une vingtaine de femmes tuées par Boko Haram lors d’une chasse aux «sorcières»

Elles étaient toutes soupçonnées de « sorcellerie », après la mort soudaine des enfants d’un commandant du groupe jihadiste. Des militants de Boko Haram ont tué une vingtaine de femmes dans le nord-est du Nigeria, ont alerté dimanche des proches et une rescapée.

La semaine dernière, une quarantaine de femmes avaient été arrêtées et retenues dans le village d’Ahraza, près de la ville de Gwoza dans l’État du Borno, sur ordre du chef djihadiste Ali Guyile, selon les sources.

« Il (Guyile) a dit qu’il allait enquêter sur notre implication dans la mort de ses enfants et donner une punition appropriée si nous étions reconnues coupables », a déclaré Talkwe Linbe, qui a fui vers la capitale régionale Maiduguri.

Les accusations de sorcellerie ne sont pas rares au Nigeria, malgré le conservatisme religieux du pays, divisé entre un nord majoritairement musulman et un sud majoritairement chrétien. Samedi, le jour où Mme Linbe est arrivée à Maiduguri, douze autres femmes ont été massacrées, selon des habitants.

« J’ai reçu un appel de Gwoza m’informant que ma mère, deux tantes et neuf autres femmes ont été massacrées [samedi] sur ordre d’Ali Guyile, qui les a accusées d’être des sorcières ayant tué ses trois enfants », a affirmé Abdullahi Gyya, qui vit à Maiduguri.

Tijjani Usman, un résident de Maiduguri originaire de Gwoza, a confirmé ces informations sur la base d’appels qu’il a reçus de ses relations à Gwoza. Le sort des autres femmes détenues est pour l’heure inconnu.

Les forces de sécurité nigérianes peinent à lutter contre Boko Haram et les djihadistes affiliés au groupe État islamique dont l’insurrection a fait plus de 40 000 morts et deux millions de déplacés depuis 2009.

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