Dr Yolène Surena - Source photo google search

A l’occasion du 8 mars 2020, la Banque Mondiale vous présente Yolène Surena

Médecin de profession, Yolène Surena commença sa carrière dans la gestion des risques et désastres en 1982 à la Croix Rouge Haïtienne. Aujourd’hui, après des années au poste de responsable de la Direction de la protection civile, Dr Surena est en charge de l’unité d’implémentation des projets en Gestion des risques de désastres financés par la Banque mondiale.

Aucun pays ne peut réaliser son potentiel économique complet sans une participation équitable des hommes et des femmes. Au cours des dernières années, Haiti a réalisé des progrès importants en vue de faciliter l’accès aux femmes au marché du travail. La lutte pour l’égalité des sexes étant un processus à long terme, le gouvernement, la société civile, les organisations internationales, entre autres doivent s’impliquer pour entamer des réformes nécessaires et favoriser une participation des femmes dans la croissance économique et sociale.

Le dernier rapport de la Banque mondiale « Les Femmes, l’Entreprise et le Droit » publié en 2020, informe que dans le monde, les femmes ne jouissent que de 75% des droits légaux des hommes. Haiti réalise un score de 61.3 sur 100 dans ce classement qui prend en compte le cadre légal et les réformes mises en œuvre pouvant faciliter aux femmes d’accéder à des emplois ou à monter leurs propres entreprises.

Dans le cadre de la Journée Internationale de la Femme, le 8 mars, cinq professionnelles haïtiennes évoluant dans les divers secteurs du développement relatent leur contribution ainsi que les obstacles qu’elles ont affronté à cause de leur genre.      

Qu’est-ce qui vous a conduit dans le secteur de la Gestion des Risques et désastres (GRD) ?

Un constat : Nous perdons à court terme ce que nous avons construit après de longues années de dur labeur. Etant spécialiste en santé publique, je connais l’importance de la prévention. Il nous faut œuvrer à la réduction des risques de désastres si nous voulons développer le pays.

Parlez-nous un peu de quelques succès enregistrés depuis votre intégration dans le secteur

Mon plus grand succès : la conception et la mise en place du Système national de gestion des risques et désastres en Haïti, voir évoluer positivement ce système et de noter que les options que nous avions considéré au moment de lancer cette initiative, plus de 20 ans après, même à l’échelle mondiale, restent d’actualité.

Ensuite, je pourrai citer le fait d’avoir été capable de contribuer et de m’adapter à l’évolution des concepts propres à la mitigation des risques, de contribuer à doter le pays d’outils pour la compréhension et la prise de décision en matière de Gestion de risque et au développement des stratégies de prévention au niveau national. Je suis heureuse de noter, que la réduction des risques de désastres s’institutionnalise de manière irréversible, et est prise en compte de plus en plus dans nos politiques, nos programmes et projets.

Avez-vous été témoin ou victime de discriminations basées sur le genre pendant votre carrière ? Si oui, comment avez-vous réagi ?

Plus d’une fois. Des femmes n’ont pas accédé à des fonctions parce que les décideurs, même lorsqu’il s’agit de femmes, malheureusement, les relèguent à des postes secondaires. Aujourd’hui encore, je dois m’assurer que les femmes dans le système nationale ne soient pas victimes de stéréotypes. Comment j’ai réagi, comment je réagis ? J’ai été une militante active pour le respect des droits de la femme. Coordonnatrice de groupements de femmes, j’ai pris à cœur la défense de leurs droits. Aujourd’hui, je ne suis plus présente dans les manifestations publiques, marches ou autres formes et luttes actives. Mais, je veille, quotidiennement, à la prise en compte du genre dans toutes les actions en GRD et quand le cas se présente, j’assiste, en fonction de mes possibilités, les victimes de discrimination.

Comment voyez-vous le développement de carrière pour une jeune femme dans le secteur de la gestion des risques de désastres aujourd’hui ?

Le travail en GRD demande de l’engagement, un grain de passion. Ce n’est pas un travail à horaire fixe. Les situations de crises ne sont pas toujours prévisibles. Il faut être prêt. Comme pour toute carrière, il faut rechercher l’harmonie entre sa vie sociale et sa carrière.

Que faudrait-on faire pour améliorer l’environnement de travail pour que les jeunes femmes se sentent confortables dans le secteur ?

Brièvement, je pense qu’il faut veiller à toujours les impliquer dans les prises de décisions et être à l’écoute de leurs idées et préoccupations, prendre en compte leurs besoins.

Il faut reconnaitre leurs potentiels et leur confier des responsabilités en fonction de leurs capacités évidemment, leur offrir des possibilités de formation et de renforcement continu de leur aptitude.

Lisez l’article original en cliquant 

FR: https://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2020/03/06/haitian-womens-voices-international-womens-day-2020


EN: https://www.worldbank.org/en/news/feature/2020/03/06/haitian-womens-voices-international-womens-day-2020

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