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Carlondie Nicaëla Bien-Aimé : Mairesse adjointe des Gonaïves, une femme à multiples facettes

Installée comme Mairesse assesseure de la ville des Gonaïves en novembre 2020, Carlondie Nicaëla Bien-Aimé est une jeune femme politique qui a plusieurs cordes à son arc. En dépit des obstacles dont elle fait face dans le secteur politique, la fondatrice de la Maison Espoir ne se laisse pas faire pour autant. Pour la peintre de 29 ans, l’éducation des jeunes et des enfants est une priorité. Dofen News vous propose le portrait d’une femme passionnée.

Dofen News : Pouvez-vous vous présenter à nos lectrices et lecteurs?

Carlondie Nicaëla Bien-Aimé : Je suis Maître Carlondie Nicaëla, Mairesse assesseure de la ville des Gonaïves. Je suis avocate de profession, artiste peintre et écrivaine, ancienne et première officier d’Etat Civil établie à Tabarre. Actuellement, je fais une maîtrise en droit des affaires internationales.

D.F : Qu’est ce qui vous a motivé à vous tourner vers la politique ?

CNB : Je suis une amoureuse d’Haiti. Pour moi, la meilleure façon de contribuer à l’avancement de ce pays est de porter sa contribution personnelle. Soit en s’éduquant, en investissant, en travaillant dur, en créant des emplois, en apportant ses compétences et expériences dans l’administration publique. Sans omettre de s’impliquer dans la politique du pays pour faire entendre sa voix, porter des améliorations, des nouveautés pour pouvoir amener le pays vers le développement durable et permettre l’émergence du leadership collectif. Je considère personnellement que ce sont les meilleurs moyens de diriger mon pays, Haïti, vers un meilleur avenir. D’où mon choix d’apporter ma collaboration dans la politique de mon pays plus particulièrement dans ma ville natale Gonaïves, Notre Cité de l’Indépendance qui l’année prochaine fêtera ses 600 ans.

D.F : Quelles sont les difficultés rencontrées dans le secteur politique, étant femme politique ?

CNB : En fait, j’ai fait mon apparition dans la politique à un moment critique et fragile. Tout d’abord être femme, vous met déjà en face de nombreuses difficultés, pour se faire valoir et être acceptée dans cette société, comme étant politicienne et professionnelle.
Au sein du Conseil Municipal dont je suis membre, nos plus grandes forces sont l’harmonie et le respect du potentiel et de la capacité de chacun. En étant la seule femme du Conseil, je me suis faite respectée et je me suis affirmée comme une leader à part entière qui peut se faire entendre et suivre.

La deuxième difficulté concerne les avances ou encore l’harcèlement sexuel dont on peut être sujette. Vous voulez effectuer un projet et la personne qui peut vous aider à l’obtenir vous veut d’abord dans son lit. J’ai pu combattre ces stéréotypes tout au cours de ma carrière professionnelle tout d’abord par la force de mon caractère. Je connais ma valeur, mon potentiel et mes compétences ainsi j’exige le respect. Ainsi, ils comprennent rapidement qu’il ne faut pas rentrer dans ce jeu avec moi. Bien malheureusement ce fléau ne se trouve pas uniquement dans la politique mais dans tous les autres secteurs, qui selon moi doit être éradiqué par la femme et ceci à l’échelle mondiale.

D.F : Parlez nous un peu de votre vie d’écrivaine

CNB : L’ écriture a toujours été pour moi un passe temps, une façon de m’exprimer surtout sur des sujets tabous et contradictoires. Mais j’ai pas abordé ces sujets dans mes écrits.L’encadrement des jeunes et des enfants est devenu ma priorité. Les cahiers d’exercices d’apprentissage de « J’apprends avec Cate » sont les premiers produits de la marque Cate, qui est une marque d’enfant dont je suis la propriétaire.

Présentement, on a deux numéros de J’apprends avec Cate qui sont disponible:

1 « J’apprends avec Cate , les formes et les couleurs

2- J’apprends avec Cate, les chiffres et l’alphabet. Maintenant la maison d’édition Cate travaille sur plusieurs projets dont :  Je colorie avec Cate, des vêtements Cate, d’autres numéros de J’apprends avec Cate .

D.F : D’où vous est-il venue l’idée d’écrire ces livres pour enfant ?

CNB : La période des derniers « peyi lock » en 2019 et l’entrée du COVID-19 en 2020 sont des moments où tous les parents sont devenus brusquement professeurs. Un métier qui n’est pas facile. La crise socio-économique et politique que l’on vit en Haïti actuellement, empêchant les enfants d’aller à l’école, m’a donné l’idée de créer ces deux cahiers d’exercices d’apprentissage. Ainsi les parents et les écoles pourront continuer à instruire les enfants de 2 à 6 ans à la maison en évitant de les exposer aux dangers des rues lors des « peyi lock ». 

D.N : Quelles sont vos ambitions pour les prochaines élections ?

CNB : L’important pour moi, ce ne sont pas les élections mais plutôt contribuer à l’avancement de ma communauté.
Toutefois, je ne vais jamais dire jamais car je réalise que la politique a un lien important avec le développement.

D.F : Quel est votre message pour toutes les jeunes femmes qui seraient intéressées à faire de la politique ?

CNB : Rêvez grand, cherchez à connaître votre mission de vie. Instruisez-vous, formez-vous, croyez en vous et en votre potentiel. Ne vous limitez pas. Ayez de l’audace, des objectifs biens définis et réalisables dans des délais précis. Choisissez ce que vous voulez consommer et offrir sur les réseaux sociaux. Restez humble!

Positionnez-vous pour défendre votre cause. Pour finir, gardez la tête haute, ne vous rabaissez pas car vos actes vous suivent.

D.F : Comment arrivez-vous à gérer votre vie familiale et professionnelle ?

CNB : La famille a beaucoup d’importance pour moi car elle est la première petite société à gérer. Une fois que vous le faites bien, le reste est possible. Il s’agit d’un grand défi, difficile à relever mais pas impossible. J’arrive à tenir ma famille équilibrée, à leur créer du temps. Parfois c’est vraiment compliqué. Comme on le dit souvent, « Vouloir c’est pouvoir » et cela implique des sacrifices.

DF : Avez-vous quelque chose d’autres à ajouter ?

CNB : Je remercie Dofen News pour cette interview. J’en profite pour remercier ma famille et mes amis, plus particulièrement la population gonaïvienne qui me supporte dans mes dévotions politiques.

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