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Crédit photo : Derek Henderson, Vogue

Jacinda Ardern, la meilleure de tous les dirigeants du monde

Cheffe du gouvernement de la Nouvelle-Zélande qui a brigué un deuxième mandat haut la main en septembre 2020, Jacinda Ardern est la plus jeune femme d’Etat au monde. Décontractée et proche de la population, ses adversaires la voyait trop douce, trop tendre et trop aimable pour faire de la politique. Mais derrière son sourire digne d’un enfant de chœur et son côté de Mère Theresa d’aujourd’hui se cache une intrépide femme politique dont plus d’un souhaite avoir comme leader.

Née en 1980 à Hamilton, au sud d’Auckland en Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern est fille de policier et élevée depuis son plus jeune âge dans la foi mormone. Elle renonce à cette religion dans les années 2000 en raison des positions de l’Église sur l’homosexualité. Elle s’intéresse trop tôt à la politique et a intégré le Parti Travailliste dès l’âge de 17 ans. Elle est nommée vice-présidente de la Jeunesse Travailliste en 2003. Élue députée dans la circonscription de Waikato en 2007, elle bat un premier record à 28 ans en devenant la plus jeune membre du Parlement. Dix ans plus tard soit le 1er août 2017, sept semaines avant les élections législatives qui s’annonçaient très difficiles pour l’opposition travailliste, elle est propulsée leader de ce parti. Deux mois plus tard, elle endosse le rôle de Premier ministre, et devient l’une des plus jeunes chefs de gouvernement d’un pays démocratique.

Tout n’est pas tout blanc pour la cheffe du gouvernement Néo-Zélandais. Elle a connu plusieurs épreuves durant ses mandats. Celle qui collectionne les pots de chambre du XVIe siècle a dû faire face en 2019 à un attentat commis dans deux mosquées de la ville de Christchurch. Cet incident avait causé la mort de 50 personnes. Au lendemain du massacre, Jacinda est allée à la rencontre des proches des victimes. A travers ce malheur, sa cote de popularité a augmenté d’un cran. Tout ca, grâce à quelques photos.

Sur l’un des clichés, on l’a voit coiffée d’un foulard noir, visage meutri terrassé par la tristesse. Sur un autre, on la voit mains jointes avec les sourcils froncés. Dans un autre qui a été le plus touchant, on voit la Première Ministre prendre dans ses bras une femme pour la consoler. Ces images ont fait leur tour du monde. A un point tel qu’un éditorial du New-York Times lui a été consacré.

« L’Amérique a besoin d’un leader comme Jacinda Ardern », pouvait-on lire dans un éditorial du meilleur des journaux des États-Unis en date du 21 mars. La ville de Dubaï, aux Émirats Arabes Unis, l’a également célébrée en affichant son visage sur la plus grande tour de la ville et du monde, avec le mot paix inscrit tout en haut.

Étant femme elle-même, Jacinda Ardern connait les péripéties que vivent la gente féminine en ce qui a trait à la précarité menstruelle particulièrement chez les jeunes filles.

« En Nouvelle Zélande, près de 95 000 filles du pays âgées de 9 à 18 ans ne peuvent pas aller à l’école pendant leurs règles car elles n’ont pas les moyens d’acheter des protections. Or en les rendant disponibles gratuitement, nous aidons ces jeunes à continuer à apprendre à l’école », avait déclaré Ardern. Pour corroborer son point de vue, elle a donc annoncé dans un communiqué rendu public le 3 juin 2020, la veille de la journée contre la précarité menstruelle, la distribution des tampons et serviettes gratuitement dans les écoles du pays.

Résistante à toute épreuve, elle s’affiche sereine même en cas de tremblement de terre. Lors d’une interview télévisée qu’elle donnait en mai 2020 sur la levée des restrictions liées à la Covid-19. La Première Ministre néo-zélandaise s’est montrée peu inquiète. En réaction à la secousse, elle a regardé très brièvement autour d’elle avant de poursuivre, souriante et pleine d’assurance. Elle a même fait un coucou de la main. Elle avait été saluée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour sa gestion remarquable et son bon bilan face à la crise sanitaire qui prévaut jusque-là.

Agée de quarante (40) ans, Jacinda Ardern a déjà quelques records à son actif. Elle est la troisième femme première ministre de la Nouvelle-Zélande, la plus jeune dirigeante du pays depuis 1856 et la plus jeune dirigeante de l’histoire du Parti travailliste. Elle est la deuxième femme à la tête d’un exécutif à accoucher durant ses fonctions, à prendre son congé maternité et à revenir tranquillement aux manettes du pays quelques semaines après. Elle est la première chef d’État à avoir amené son bébé de trois mois à l’Assemblée générale des Nations Unies. Vu son charisme et sa détermination, on est sûr qu’elle ne compte pas s’arrêter là.

En Haïti, les femmes représentent 52% de la population. Toutefois, elles se font rare par devant la scène politique alors que le principe du quota de 30% de femmes, à tous les postes de décision de la vie nationale, notamment dans les services publics, a été reconnu, en 2012, dans la version dite amendée, en son article 17-1, de la Constitution de 1987. Ce n’est qu’en 2016, suite aux résultats des législatives partielles que quatre femmes ont siégé au parlement haïtien. Si des femmes décident de se présenter aux prochaines élections, pourra t-on espérer trouver une qui aura le même calibre que Jacinda Ardern ?

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