Photo soumise par Joanna Jean

Joanna Jean, icône de l’idéal féminin du bodybuilding

Le bodybuilding appelé culturisme en français est un sport qui est perçu très masculin cependant il est également un sport de femme. Un peu partout dans le monde, on voit toujours d’un mauvais œil une femme qui a le corps musclé. En dépit des mauvais commentaires, certaines ont décidé de bousculer la tradition d’être svelte et sexy pour être belle pour devenir des adeptes de la musculation. C’est le cas de Joanna Jean, une haïtienne qui s’est déjà tracée un nom dans ce milieu.

Lorsqu’on entend les termes salle de sport, musculation ou fitness, la première image qui s’affiche devant nous est un homme avec un corps musclé, bronzé et sexy. Une vision qui fait automatiquement croire qu’il est inconcevable de voir des femmes développées leur corps avec des dimensions pareil à l’homme. Selon Wikipédia, le bodybuilding est une activité physique et sportive consistant à développer sa masse musculaire à des fins esthétiques. En résumé, ce sport ne vise pas la force mais uniquement la taille et la forme des différents muscles du corps.

Chez nous en Haïti, dès qu’une femme a le corps bien plus charpenté que la normale, on les appelle « Kò Bibit ». Pourtant, la pratique de la musculation chez les femmes se fait un peu partout notamment à Montréal, grande ville du Canada où vit actuellement Joanna Jean.      

Née en Haïti, Joanna est une sportive professionnelle qui évolue dans le monde du fitness depuis 2014. D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours eu un penchant pour le sport notamment le volley-ball et l’entrainement physique. « Ma passion pour le fitness a commencé quand j’étais plus jeune. Je fréquentais assez souvent Hardcore Fitness, la gym de mon cousin située à Delmas 89 où je prenais plaisir à regarder les magazines de fitness de l’époque pour m’inspirer parce que je voulais vraiment m’y aventurer » nous confie Joanna Jean au cours d’une entrevue téléphonique. Une envie qui a fini par s’estomper pendant son adolescence vue qu’elle n’avait pas vraiment de modèle féminin.    

Laissant le pays quelques jours après le tremblement de terre de 2010, Joanna, arrivée au Canada, a dû arrêter la pratique du volley-ball à cause de ses horaires de travail. Néanmoins, elle a continué à fréquenter la salle de gym question de rester active. La première fois à la salle de sport pour l’aîné d’une famille de trois (3) enfants a été quelque peu intimidante. Perdue et intimidée par les regards des autres, elle ne s’est toutefois pas laissée décourager. Depuis, Joanna fait de la musculation et participe à des compétitions pour présenter sa forme physique.  

Très connue dans le monde du culturisme international, la jeune femme de trente-et-un (31) ans a déjà participé à sept (7) compétitions et a été désignée gagnante dans trois (3) d’entre elles et placée dans le top 10 dans les quatre (4) autres. Entre le championnat régional, provincial et national, Joanna a eu du plaisir à montrer ses beaux muscles. « La compétition dont je me souviendrais toujours et qui est ma préférée est celle où j’ai gagné le championnat national du Canada et obtenu ma carte IFBB Pro et sacrée par la même occasion Miss Canada », exclame la professionnelle en alimentation et nutrition.   

Selon Joanna, arriver là où elle est aujourd’hui n’a pas été qu’une simple partie de plaisir. Pour elle, être professionnelle en fitness est synonyme de sacrifice, de discipline et de motivation. « Si je devais citer quelques obstacles auxquels j’ai eu à faire face, avant tout je dirai la fatigue et après les moyens financiers parce qu’entre payer un coach, se procurer des suppléments et suivre des régimes alimentaires strictes allant jusqu’à environ six (6) à sept (7) repas par jour riche en protéine et en glucide. C’est un sport qui coûte très cher. » avoue la fitness girl qui  façonne ses muscles jour après jour en soulevant 225 lb au squat (flexion sur jambe), 200 lb au deadlift (soulevé de terre) et 45 lb au shoulderpress (développé épaule). 

Si le corps des femmes culturistes est peu apprécié et fort éloigné de l’idéal féminin valorisé dans notre société, leur acceptation à l’égard des normes de la beauté féminine reste encore floue. Le plus souvent et à première vue, on se demande si le physique de ces femmes n’a rien changé à leur féminité. Un détail qui n’inquiète point Joanna car pour elle, son nouveau corps la rend plus séduisante qu’avant. « Je n’ai pas perdu ma féminité, et je peux dire que j’ai plus d’homme qui sont attirés par moi maintenant qu’auparavant » laisse entendre Joanna Jean. 

Comme tout professionnel en culturisme, Joanna rêve de participer à Ms. Olympia, compétition internationale de culturisme organisée tous les ans par la IFBB dont le titre est considéré comme étant la plus haute distinction dans la pratique du culturisme professionnel.

En dehors de son train-train quotidien entouré de poids lourds et de barre de fer, Joanna Jean est en couple, adore danser et voyage un peu partout dans le monde. Le plus important, elle se sent bien dans sa peau.

En Haïti, la pratique du culturisme par les femmes reste toujours un sujet tabou. Pour remédier à cela, Joanna compte, après l’obtention de l’autorisation de la IFBB de professer à l’international, revenir en Haïti pour organiser des événements sportifs pour les jeunes et ce dans plusieurs domaines. Entre-temps, celles et ceux qui s’intéressent au bodybuilding peuvent la suivre sur sa page facebook (Joanna Jean) et sur instagram sous le pseudo Jobellafit509.

Chez nous, dès qu’on parle de « Gro Bibit », il est difficile voire impossible de se référer à des femmes. On pense plutôt à des acteurs comme Arnold Schwarzenegger, Dwayne Johnson également connu sous le nom de scène The Rock ou encore John Cena. Désormais, Joanna Jean s’ajoute à cette liste d’athlètes qui prennent soin de leur corps et qui ont des muscles incontournables.   

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