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Photo soumise par Angemie Guerrier

Angemy : Journaliste et infirmière à la fois

A l’occasion de la Journée internationale des infirmières ce 12 mai, Dofen News vous propose le portrait d’une jeune femme qui appartient à la fois à la communauté soignante et à celle de l’information. Infirmière et journaliste, ce mariage est-il improbable ? Pourquoi ce choix ?  Angemy E. Guerrier Torchon nous dévoile tout.

Agemy Guerrier Torchon travaille depuis tantôt six ans à Radio-Télé Caraïbes. Il y a deux ans, cette jeune jeune journaliste venait d’être diplômée et licenciée de l’École Nationale des Infirmières de Port-au-Prince (ENIP). Selon elle, cet accomplissement s’est réalisé au prix d’énormes sacrifices et d’une grande détermination. Car travailler pour une radio et étudier pendant quatre ans le métier d’infirmière ne sont pas chose facile, et encore moins en Haïti. 

Angemy a vu le jour le 10 mars 1991 à Saint Michel de l’Atallaye. Après ses études classiques en 2010, Angemy s’est orientée vers le journalisme. Elle a étudié les techniques de reportage à Ku Production en 2011. Elle est sortie lauréate de sa promotion. Ce qui lui a permis de bénéficier d’un stage à Tropic TV où elle serait quelques mois plus tard employée grâce à sa performance. Mais, cette aventure ne durerait que quelques mois car la chaine de télévision a dû fermer ses portes. Elle a envisagé un autre choix de carrière. Elle a toujours rêvé d’être infirmière. Elle s’est dit pourquoi ne pas entamer des études dans ce domaine. Elle a passé le concours d’entrée à l’ENIP. Alors qu’elle attendait les résultats, elle a lu dans les journaux que Caraïbes FM recrutait de jeunes journalistes. Elle a déposé son CV comme plusieurs centaines d’autres jeunes l’ont fait. Et elle a été retenue.

Elle commençait tout juste à travailler comme reporter à la Radio Caraïbes quand elle a appris sa réussite au concours d’entrée à l’ENIP. Elle a dû faire un choix. Après de profondes réflexions, elle a opté pour les deux : elle étudiait les sciences infirmières tout en pratiquant le journalisme.  

Une combinaison difficile…

« Cela n’a pas été facile. Mais, j’ai réussi ! », a déclaré fièrement Angemy aujourd’hui, nous racontant ses péripéties. Angemy devait se lever tous les jours à 4h du matin pour se préparer à manger et prendre un tap-tap pour aller au cours et se rendre au travail ensuite. Souvent à 8 h du soir, elle était au Champs-de-Mars en train de se battre pour prendre un taxi afin de regagner sa maison. Des fois, elle était obligée de demander à ses camarades d’enregistrer les cours qui coïncidaient avec son heure de travail. 

« En période d’examen à l’ENIP, c’était encore plus difficile. Je devais étudier et travailler en groupe. Il arrivait que je passe des jours sans entrer à la maison. Je devais aussi faire des stages dans des hôpitaux et des centres de santé à Port-au-Prince et dans les villes de province. », a témoigné Angemy.  

Il arrivait parfois qu’elle soit tentée par le découragement. Mais grâce au support de ses collègues de travail, de son rédacteur en chef, M. Gerin Alexandre et surtout de son patron, M. Patrick Moussignac, elle n’a pas baissé les bras. 

« Je suis très reconnaissante envers l’équipe de Radio Caraïbes et surtout envers le P-DG de la radio, M. Patrick Moussignac. Il est quelqu’un qui croit beaucoup en l’éducation. Il a même accepté d’être le parrain de ma promotion », a-t-elle déclaré.  

Marier les sciences infirmières et le journalisme au profit de la population

Angemy a tenté de mettre les deux professions au service de la population. Le métier d’infirmière l’a aidée à mieux informer et former ses auditeurs. Pendant ses études, elle animait une rubrique santé sur la radio. Elle vulgarisait des sujets traités en cours. Elle parlait d’ovulation, de menstruation, de puberté, de la grossesse, du cancer, des maladies fréquentes chez la population haïtienne. Malgré le feed-back positif des auditeurs, elle a dû abandonner. Car plus les années passaient, plus ses études absorbaient son temps. 

Être journaliste l’a aussi aidée dans sa profession d’infirmière. Pendant ses stages dans les différents hôpitaux, elle a attiré l’empathie des patients grâce à la popularité qu’elle a eue à la Radio Caraïbes. Ils étaient contents d’être pris en charge par une journaliste de Caraïbes FM. Elle s’est dit fière également d’avoir motivé, d’un côté, certaines de ses camarades à l’ENIP qui voulaient devenir journalistes, et de l’autre, des jeunes filles de sa ville natale qui désiraient embrasser les deux professions.  

Mariée et mère d’une fillette d’un an, Angemy a dû quitter le pays pour des raisons familiales. Elle vit actuellement àBoston. Grace à la magie de la technologie, sa  voix suave continue
d’informer du lundi au vendredi sur l’actualité internationale sur les ondes du
94.5. Elle prête aussi sa voix à des spots promotionnels sur la radio. 

Parallèlement, la jeune femme de 27 ans a entamé le processus d’obtenir une licence internationale pour qu’elle puisse professer son métier d’infirmière à Boston. Mais, elle veut continuer à pratiquer les deux métiers aux États-Unis.  

« Même si aujourd’hui, j’ai plus de responsabilités familiales, je continuerai à professer les deux métiers. Car le chemin du succès est rarement facile », a affirmé Angemy.  

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