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Rose Nestherline Jean ;timoun 2000, PDG d’une entreprise à l’avenir prometteur

Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années nous dit l’adage. Une phrase qu’on peut assimiler parfaitement bien à la jeune Rose Nestherline Jean. Celle qui est née dans les années 2000 révèle être une source d’inspiration, une exemple à suivre par ses paires. En dépit des slogans négatifs et péjoratifs sur cette génération. La femmes d’affaires et bénévole se livre à cœur joie sur sa passion qu’est l’entrepreneriat.

Dofen News : Pouvez-vous vous présenter à nos lectrices, lecteurs ?

Rose Nestherline Jean : Je réponds au nom de Rose Nestherline Jean. Âgée de 21. Je suis native des Cayes. Après mes études classiques, j’ai intégré l’Université Épiscopale d’Haïti/Business and Technology Institute (UNEPH/BTI) où j’étudie les Sciences Administratives, et l’Université Polyvalente d’Haïti/Sud (UPH) où j’étudie l’Agronomie. Depuis, ces deux champs d’études ont trouvé leur parfaite complémentarité et adéquation dans l’idée que des collègues et moi avions nourrie de créer une entreprise dans le secteur de la production, laquelle est aujourd’hui une réalité qui prend forme. Donc, je suis entrepreneure, pour ainsi dire.

D’autre part, j’évolue à titre de responsable ou de volontaire dans différentes organisations: Secrétaire adjointe de la Structure Ecolo-Jeune d’Haïti, Membre de la Structure Organisationnelle de support du Sud (SOS/SUD), Vulgarisatrice volontaire en gestion des risques et de désastres (GRD) à Papyrus S.A et enfin Volontaire à la Croix-Rouge Haïtienne.

Pour synthétiser tout cela, je me présenterais comme une jeune femme, qui œuvre pour apporter son humble contribution au développement socio-économique de sa collectivité, dans des domaines qui la concernent.

D.N : Depuis quand avez-vous débuté en entreprenariat  ?

R.N.J : J’ai commencé à explorer le monde de l’entrepreneriat depuis l’âge de 15 ans, quand, avec quelques amis nous avons entrepris « la Coopérative des Adolescents du Sud d’Haïti (CASH) ». La coopérative n’a pu se maintenir dans le temps vu que nous nous sommes éparpillés après nos études classiques.

C’est en 2021, que je commence à vivre une véritable expérience en entreprenariat. Nesthoue Entreprise, dont je suis co-fondatrice, a pris naissance le 04 février 2021.

D.N : Comment ont été les débuts ?

R.N.J : Comme pour tout Start-up, les débuts ne sont pas exempts d’incertitudes et de difficultés. Rapidement s’est dressé le challenge de nous affirmer progressivement sur le marché et de nous assurer d’avoir une clientèle relativement stable. Ce qui n’est pas évident pour les PME dans leurs débuts. Mais, grâce au travail de notre équipe, nous croyons que huit (8) mois après, nous avons fait des pas prometteurs.

D.N : Quels sont les différents produits que votre entreprise offre ?

R.N.J : Nous offrons deux produits jusqu’à présent :

Le « Nesthoue Mamba », un beurre d’arachide complètement naturel et le « Nesthoue Konparèt », un « konparèt » 100% jérémien. Nous offrons également des services de livraison à domicile et de vente en gros pour des jeunes désireux de se lancer dans les affaires.

D.N : Est-ce vous qui préparez les produits ?

R.N.J : Nous avons une équipe de production qui s’en charge.

D.N : L’entreprise dispose de combien de personnes pour le moment?

R.N.J : Nous sommes une société en nom collectif de 6 personnes pour le moment.

D.N :  Quelles sont les difficultés rencontrées?

R.N.J : La principale difficulté pour beaucoup de startups, je pense, se trouve au niveau financier et logistique. Nous n’avons pas encore accumulé les fonds/financements nécessaires pour nous procurer des appareils (machines, énergie) servant à rendre l’entreprise autonome en matière de production. Avec la mécanisation de notre production, nous irions plus vite au moment de satisfaire des demandes importantes. Nous produirions plus.

Il faut aussi signaler l’instabilité économique du pays qui rend difficile aux petites entreprises de stabiliser leurs prix sur le marché.

D.N : En effet, quels sont les impacts de la crise actuelle sur votre entreprise ?

La situation actuelle du pays nous a grandement affectés. Nous n’avons pas pu produire depuis la crise du carburant pour de multiples raisons: hausse des prix des matières premières, dysfonctionnement de beaucoup de moulins à gasoline (Mamba), hausse du prix du transport (Mamba et Comparette), liaison coupée avec Port-au-Prince d’où sortent quelques-uns de nos matériels d’emballage, etc. Vu que les demandes persistent, nous sommes en train d’évaluer la reprise de notre production.

Bref, comme pour tous les secteurs et toutes les entreprises, l’impact de la conjoncture est regrettable.

D.N : Comment est la clientèle pour le moment ?

R.N.J : La clientèle est satisfaisante et j’en profite pour remercier tous nos consommateurs. Nesthoue Mamba et Nesthoue Konparèt sont ordinairement en vente dans un supermarché aux Cayes, et des contacts sont déjà en cours avec d’autres supermarchés notamment à Port-au-Prince et à Jérémie.

D.N : Quelles sont tes ambitions?

R.N.J : Sur le plan personnel d’une part, je vise à montrer une fois de plus -puisqu’heureusement il y a des exemples de réussite- que la femme haïtienne a un fort potentiel et qu’elle peut impacter positivement sa collectivité. Pour cela, la société devrait ouvrir et aménager de plus en plus un cadre d’intégration pour les femmes, mais il faut d’abord que les femmes puissent s’affirmer et être convaincantes. Sur le plan collectif d’autre part, la vision de « Nesthoue Entreprise » c’est d’innover en vue de promouvoir la production nationale en mettant à long terme, sur le marché national et international des produits de qualité, à un prix abordable pour les consommateurs.

D.N : Quels sont vos conseils pour toutes les jeunes qui aimeraient se lancer dans les affaires?

R.N.J : Quoique la question met l’accent sur les femmes (rire), ce que je conseillerais à tous les jeunes qui aimeraient se lancer en affaires, c’est d’abord constituer une bonne équipe. Ceci est fondamental. Ensuite, d’essayer toujours de se mettre en phase avec la technologie. D’innover à chaque fois et en terme de production et en terme de marketing, afin de donner de la valeur ajoutée à leurs produits et services pour pouvoir rester compétitifs.

Quant aux femmes, je leur dirais qu’elles ont toutes les raisons de croire en elles-mêmes et que l’imagination féminine représente un atout qu’elles doivent mettre en valeur quand elles se lancent en affaires. Elles ont cette capacité de faire le bon à travers le beau.

Shylene Prempin

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