Tech Camp Solèy, une alternative entrepreneuriale pour lutter contre la violence des gangs dans les quartiers précaires

  • Par Diane Bissereth | mercredi 15 mai 2019
Photo Dofen News

Cette année encore, l’Ambassade Américaine en Haïti a organisé le Tech Camp. Baptisée « Tech Camp Solèy », cette rencontre autour de la technologie et de l’entrepreneurial s’est tenue à l’Hôtel Visa Lodge du 9 au 12 mai. Elle a rassemblé environ trente (30) entrepreneurs de Cité Soleil, de Martissant et de Bel-Air dont une dizaine de jeunes femmes afin de les permettre de se rendre compte qu’ils ont la capacité d’aider d’autres jeunes à résister au recrutement des gangs.

Environ trente (30) jeunes entrepreneurs, issus des quartiers précaires de Cité Soleil, de Bel-Air et de Martissant, ont participé à la deuxième édition de Tech Camp baptisée Tech Camp Solèy. Au cours de ces quatre (4) jours de conférence, les participants ont reçu des formations sur les techniques de présentation et sur la manière de présenter leur plan d’entreprise à autrui. 

 

Cette année, l’Ambassade Américaine en Haïti a choisi d’encadrer les jeunes issus des zones les plus touchées par les violences afin de démontrer comment les entrepreneurs peuvent aider au renforcement de leur communauté. Elle les invite à créer leur propre réseau de soutien aux petites entreprises dans le but d’aider ceux qui n’entreprennent pas à résister aux appels des gangs armés.  

 

Cibles quasi-automatiques des gangs armés, les femmes sont aussi les premières victimes sur le front de ces genres de violence. Pour encourager leur autonomisation et leur pleine participation à la vie économique du pays, en dépit du milieu précaire dont elles proviennent, l’Ambassade a permis à douze (12) d’entre elles, des entrepreneures, de participer à Tech Camp 2019. 

 

Elles évoluent dans le secteur de la vente, de l’élevage des poulets, de la transformation des feuilles de moringa, du recyclage et dans la création d’accessoires de mode. 

 

« Je suis contente d’avoir participé à Tech Camp Soleil et je suis très satisfaite de ce que j’ai reçu et appris. Ces séances d’apprentissages m’ont poussé à reprendre confiance en moi et à vouloir me battre pour réaliser mon rêve qui est d’avoir une grande entreprise de production de moringa » a expliqué Iveline Luc, originaire de Cité Soleil. 

 

Ainsi, je pourrais aider les filles/femmes de mon quartier qui croient qu’elles n’ont aucun avenir après avoir été l’amante d’un bandit ou celles qui perdent foi en tout quand elles voient que leurs enfants ont pris le mauvais chemin, a-t-elle continué.  

 

Pour Scyhthia Domany, autre participante originaire de Martissant, sa présence à Tech Camp Solèy a été des plus payantes. Selon la jeune journaliste-géologue, ce qu’elle a acquis va lui permettre d’apporter un plus dans la formation basée sur la technologie qu’elle offre aux enfants de huit (8) à quinze (15) ans à travers son organisation appelée « NATIRELE ». 

 

Du côté des organisateurs, le déroulement de Tech Camp Solèy a été une réussite. Selon Marie Flore Morett, coordonatrice de l’évènement, les jeunes ont démontré une motivation, un engouement et un intérêt à nulle autre pareille. 

 

D’après la fondatrice de Délices de Marie Flore Morett, les jeunes vivants dans les quartiers défavorisés ont besoin de beaucoup d’autres activités du genre de Tech Camp pour occuper leur quotidien et éviter de se laisser aller dans le banditisme. 

 

Signalons que pour cette deuxième édition de Tech Camp, plus de trois (300) jeunes avaient rempli le formulaire d’adhésion rendu public par l’Ambassade Américaine en Haïti. Ces jeunes ont choisi d’apprendre à utiliser les nouvelles technologies pour faire fructifier leurs affaires et ainsi apporter leur pierre dans l’évolution de la croissance économique du pays.   



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