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A la tête de Sco tour, Eunice Cincir croit en l’avenir du tourisme en Haïti

Après son stage de fin d’études, Eunice Cincir, ancienne étudiante de l’Université Quisqueya, elle avait du mal à faire ses preuves sur le marché du travail par rapport à la situation sociopolitique. Néanmoins, l’auteure de l’ouvrage « Haïti une Destination Touristique Mondiale » paru en juillet 2022, ne sait pas laissée aller. Ainsi, elle innove avec Sco tour. En dépit de la situation sociopolitique du pays, la jeune entrepreneure dispose de grands rêves pour son entreprise.

Dofen News : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs, lectrices ? 
 
Eunice Cincir : Licenciée en gestion des entreprises touristiques à l’Université Quisqueya (UNIQ), je suis la coordonnatrice générale de l’Initiative des Femmes Haïtiennes dans le Tourisme (IFTH), et la PDG de Sco Tour Haiti (STH), une institution qui fait la promotion du tourisme local en Haïti, particulièrement dans le milieu scolaire. Je fais partie de la troisième cohorte de l’Academy of Woman Empower (AWE) 2022, de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique en Haïti, un projet piloté par CEDEL HAITI.
 
 
D.N : Qu’est-ce qui vous a poussé à mettre sur pied Sco tour? 
 
E.C : L’idée de mettre sur pied la Compagnie de Sco Tour Haïti est venue à partir des difficultés rencontrées après mon stage de fin d’études. C’était extrêmement difficile de trouver un emploi dans ce secteur avec les problèmes liés à l’instabilité politique, au « pays lock », à la crise économique, qui ont pu affectés de plein fouet ce domaine combien prépondérant dans la création d’emplois et de richesses. Par contre, j’étais dans l’obligation de me lancer et en Janvier 2019 nous avons officiellement entamé nos activités en Haïti. 
 
D.N : Comment ont été les débuts jusqu’à date ? 
 
E.C : Dès le début et jusqu’à date, nous sommes confrontés à d’énormes difficultés sur le plan financier, parce que nous n’avons pas encore eu de profits. Toutefois, en termes de notoriété Sco Tour Haïti prend graduellement sa place correctement dans le milieu touristique en Haïti. 
 
D.N : Quelles ont été les difficultés rencontrées ?

E.C : Les difficultés rencontrées par la compagnie ne sont pas moindres mais par contre avec nos stratégies et notre sens de créativité, nous avons pu contourner les obstacles. De plus, il faut savoir que le secteur touristique est très sensible. 

Pour qu’il y ait du tourisme, il y a trois choses à prendre en compte. Il faut la tranquillité, la salubrité et la sécurité. C’est-à-dire les composantes principales de l’ordre public, tout pour vous dire que ces trois choses sont indispensables. En dépit de tout, Sco Tour Haïti continue de faire son chemin.
  
D.N : Quelle vision avez-vous sur le long terme pour cette entreprise ? 
 
E.C : Notre vision sur le long terme est que la compagnie Sco Tour Haïti ait des succursales à travers les dix départements géographiques d’Haïti, et qu’elle soit une référence parmi les meilleures compagnies au niveau mondial, qui offre un service de qualité avec toute tranquillité.
 
D.N : Sachant que vous œuvrez dans le tourisme, comment la situation sécuritaire du pays vous préoccupe-t-elle ? 
 
E.C : La situation sécuritaire fait la une de tous les journaux, c’est un sujet qui préoccupe tout le monde, quel que soit le secteur d’activité. Cette situation affecte grandement l’économie haïtienne, ce qui facilite l’augmentation du taux de chômage en provoquant le chaos dans la société haïtienne sans oublier l’insécurité grandissante marquée par le kidnapping.
 
D.N : Lorsque vous avez appris que vous étiez sélectionnée pour AWE, avec quel sentiment avez-vous pris la nouvelle ? 
 
E.C : J’ai été très surprise et en même temps stupéfaite parce que je ne m’y attendais pas à une nouvelle aussi réjouissante.
 
D.N : C’est comment l’expérience jusqu’à présent ? 
 
E.C : Jusqu’à présent, c’est une expérience très enrichissante et fructueuse car la formation est de qualité et de bonne facture, sans oublier l’engagement et le soutien indéfectible de l’équipe de CEDEL HAÏTI qui a bien pris soin de nous aider dans les difficultés. Rencontrer dix-neuf autres femmes extraordinaires est une opportunité qui n’est pas toujours au rendez-vous.
 
D.N : Quels sont vos conseils pour toutes les jeunes femmes qui aimeraient se lancer en affaires ? 
 
E.C : Je leur conseillerais de se lancer malgré tous les obstacles qui se présentent en prenant des initiatives car, qui ne risque rien n’a rien. Il faut toujours oser. C’est vrai qu’Haïti se trouve dans une situation difficile mais ça n’empêche pas de continuer d’avancer. Toutefois, j’encourage surtout les femmes à prendre des initiatives puisqu’elles sont les plus vulnérables. 

Je leur conseille également de ne pas attendre la manne du ciel mais de continuer (ou commencer) à meubler leur esprit, car la connaissance n’est jamais futile. Elles doivent garder leur dignité et leur intégrité en toutes circonstances, car réussir aux yeux du monde et rester éveillée la nuit à cause de sa conscience qui ne trouve pas la paix est une fatalité.
 

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