Lunie Joseph et son amour pour le journalisme

  • Par Gerlourde St Val | vendredi 12 avril 2019
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Photo soumise par Lunie Joseph

Nous connaissons Lunie Joseph comme la jeune journaliste de Radio Télé Zénith. Elle anime l’émission "Train Matinal". Lors des grandes vagues de revendications populaires des derniers mois, elle a été l’une des rares voix de femmes à nous informer depuis le béton. Après plusieurs années à travailler dans ce secteur, on ne retient que le métier lorsqu’on parle d’elle. Pourtant derrière le titre, il existe une femme bien réelle, avec ses rêves, ses hauts et ses bas.

 On l’a rencontré un après-midi ensoleillé chez une de ses tantes dans les hauteurs de Debussy. La jeune femme, d’une allure modeste, nous a reçus dans son salon avec un sourire aux lèvres en guise de bienvenue. Très ouverte, elle n’a pas hésité à nous raconter son bel amour pour le métier de journalisme. A ce sujet, elle affirme avoir toujours voulu pratiquer ce métier dès son plus jeune âge « pa gen yon bagay ki ap pase nan lekòl la pou Lunie pa konnenl, si Lunie pa okouran sa vle di se pa vre » a déclaré d’un air amusé la native de Saint-Marc.

 

 

Pour Lunie Joseph, devenir journaliste est un rêve devenu réalité. Désirant intégrer l’Université d’Etat d’ Haïti, elle a eu ses premièress déceptions en échouant au concours d’entrée. Après quelques années passée à expérimenter d’autres domaines sont comme l’enseignement ; la passionnée de lecture et de la plage a intégré le Centre de Formation en Communication et en (ISNAC) où elle a fait des études de journalisme. 

Elle a fait ses premiers pas à la Radio Télé Espace. A l’époque, elle était en deuxième session. Un peu plus tard, elle a intégré le staff de Radio Télé Zénith. En faisant ce choix, celle qui ne jure que par le respect de ses droits ignorait que sa carrière allait être liée avec cette station. Aujourd’hui, soit cinq années plus tard, elle est la seule femme journaliste de toute l’équipe.

 

 

Lunie fait incessamment face aux difficultés liées à son métier. Elle est critiquée, harcelée et même menacée pour son travail. Et pourtant, elle est plus que jamais décidée à avancer et à changer les images du métier. “Quand on a des modèles comme Liliane Pierre Paul, Marie Lucie Bonhomme, Pauline Packard on ne pas laisser tomber aux premiers obstacles”. En ce sens, elle espère représenter valablement les jeunes femmes journalistes dans le secteur. 

 

Bien que Lunie soit amoureuse de sa profession, elle a les yeux rivés sur d’autres horizons professionnels. Elle fait actuellement des études en Relations Internationales au Centre d'Etudes Diplomatiques et Internationales (CEDI) et souhaite représenter Haïti dans d’autres pays.

 

De son enfance ponctué par l’absence de sa mère et de son père, elle nous a confié : « Anfans mwen te yon tijan boulvèse paske manmi pat vrèman gen tan poul’ okipel de mwen paske manmi tap travay nan faktori. Li pat vrèman gentan poul okipel de yon tifi ke lap leve. M gen yon gran frè, se li ki te jwe wòl manman ak papa lè manmanm pat la…» Bien que son enfance fût un peu difficile, Lunie assure cependant avoir été entourée de l’amour et de la bienveillance de ses parents. Sa mère, bien qu’elle soit une ouvrière, s’est battue bec et ongles pour offrir un mieux-être à sa fille et son frère.

 

 

En dépit de toutes les difficultés rencontrées, Lunie est très confiante en l’avenir. Elle se dit prête à faire face aux intempéries du métier et invite d’autres collègues à se joindre à elle en vue de faire « lòt près la », une presse valorisée, honnête et utile.  

 

Aux femmes journalistes du pays, Lunie lance un message de réconfort. Elle les invite à se former en vue d’accomplir leurs travails avec compétence «  Eduquez-vous, battez-vous pour vos rêves, et l’avenir vous récompensera ».



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